Index Page précédente Page suivante Expositions  |
| Les Pièces de Elsa |
|

|
 |
Rome, 5 avril 1938 Tout est vraiment fini avec A. ? Il est parti, je ne sais pas exactement où, c’est peut-être une plaisanterie, un cauchemar[...] Il est venu d’autres fois, puis il est parti. Pendant trois jours je n’ai cessé de trembler. Cela ne peut pas être vrai. Je l’attends. Reviens vite, Alberto. Maria, toi qui fait des miracles , fais le revenir vite chez moi. (Elsa Morante, Diario 1938, Torino, Einaudi) | |
 |
 |
| |
|
|



Elsa Morante avec Alberto Moravia

|
« Nous vivons séparés depuis 1962, mais nous n’avons jamais divorcé. Nous nous sommes mariés en 1941, avec le rite catholique, sans le civil. A cette époque le mariage religieux suffisait. C’était le lundi de l’Ange, le lundi tout de suite après Pacques. La cérémonie se déroula dans une chapelle latérale de l’église del Gesù à Rome. Je me souviens que l’on combattait à Stalingrad »
Alberto Moravia, Le matin des livres, 20 novembre 1984.
|


Décembre 1963: Elsa avec Cesare Garboli à la librairie Einaudi de Rome pour la présentation de "Lo scialle andaluso"
|
|
1944-48
Après un bref séjour à Naples, Elsa commence la deuxième rédaction de Mensongna e sortilegio. Le récit Il soldato siciliano, qui rejoindra le livre Lo scialle andaluso, inaugure la collaboration avec l’« Europeo » dans lequel paraîtra aussi Mia moglie. En 1947, à travers Natalia Ginzburg, elle envoie Mensogna e sortilegio à l’Einaudi qui le publiera l’année suivante.

1948-49
Les conditions économiques de Elsa et Alberto Moravia s’améliorent de plus en plus et Elsa visite pour la première fois la France et l’Angleterre. En Août 1948 Mensogna e sortilegio gagne le prix Viareggio. Le couple quitte la maison de Via Sgambati et achète un attique près de Piazza del Popolo, Via dell’Oca 27 ; de plus, Moravia, achète pour Elsa un bureau aux Parioli. En 1950 elle commence à collaborer avec la RAI en écrivant la rubrique hebdomadaire de critique cinématographique intitulée « Cronache del cinema » ; elle interrompra toutefois cette collaboration deux ans après à cause des ingérences des dirigeants.

1950-57
En 1950 elle commence à collaborer avec l’hebdomadaire « Il Mondo » dans lequel elle s’occupe de la rubrique « Rosso e Bianco » ; en novembre elle commence à travailler à Nerina, un roman d’amour qu’elle abandonnera vite mais qui confluera dans le récit Donna Amalia. Entre Avril et juin 1951 elle écrit le récit Lo scialle andaluso qui paraîtra dans « Botteghe Oscure » en 1953. Au printemps 1952 elle commence à rédiger L’isola di Arturo, publié par Einaudi en 1957 avec lequel elle gagnera le prix Strega. Il s’agit de l’histoire difficile de la maturation d’un garçon qui vit presque prisonnier dans le paysage immobile de l’île de Procida, à côté de la présence imposante du pénitencier.
Avec un délégation culturelle elle visite en mars l’Union Soviétique et la Chine en septembre.

1958-61
Longanesi publie le recueil de poésies Alibi, et Elsa commence, en s’interrompant toutefois en 1961, à travailler à un roman intitulé Senza i conforti della religione, l’histoire de la chute d’un idole, la fin d’une divinité-frère détruite et démasquée par la maladie. En septembre 1959 elle part à New York et Washington où elle reste jusqu’à la fin octobre. Pendant ce voyage elle rencontre Bill Morrow, un jeun peintre de New York avec lequel elle se lie d’une profonde amitié. Quelques temps après Morrow quitte les Etats Unis pour s’établir à Rome. Elsa, entre temps, sans quitter la résidence conjugale et son bureau aux Parioli, s’établit dans une nouvelle maison en Via del Babbuino. Dans le numéro de mai-août de « Nuovi Argomenti » paraissent « Saggio sul romanzo » neuf réponses à des questions littéraires posées par le périodique. Ces réponses ont été par la suite rassemblées dans Pro o contro la bomba atomica publié par Adelphi en 1987. Invitée au XXXI congrès international du Pen Club 1960, elle part à Rio de Janeiro avec Moravia et passe quelque temps au Brésil. En janvier 1961, elle se rend en Inde où Moravia et Pasolini l’attendent, ils visitent : Calcutta, Madras, Bombay et le Sud du pays.

1962-65
En 1962, présenté par Moravia, Bill Morrow inaugure une exposition personnelle à la galerie La Nuova Pesa di Roma. Cependant en Avril de la même année après être revenu à New YorK, Bill Morrow meurt tragiquement en précipitant d’un gratte-ciel. En automne Moravia quitte Via dell’Oca alors que Elsa continue à vivre à Via del Babbuino. En novembre 1963 Einaudi publie le recueil de récits Lo scialle andaluso mais tous les autres projets sont interrompus et à ceux qui lui demandent des nouvelles sur son travail elle répond qu’elle écrit très peu. En automne 1965 elle fait un deuxième voyage aux Etats-Unis en y restant pour les fêtes de Noël ; elle part ensuite au Mexique, où son frère Aldo dirige la Banque Commerciale de Città del Messico, et elle part par la suite au Yucatán.

1966-70
Elle rédige les poèmes et les chansons qui formeront Il mondo salvato dai ragazzini, publié par Einaudi en 1968. Un recueil de poèmes et de chansons consacré « à l’unique public qui est désormais en mesure d’écouter la parole des poètes », les enfants, gardiens naïfs du seul bonheur possible, celui de l’innocence pure et barbare. En 1969 elle prépare pour les Classici dell’arte Rizzoli l’essai introductif sur le Beato Angelico intitulé Il beato propagandista del Paradiso. Elle passe l’été 1970 au Galles chez son ami Peter Hartman. | |
|